Maison à vendre ? Non merci

Les vacances que je viens de terminer, bonnes et tranquilles en l’occurrence, je te remercie fidèle lecteur/trice qui mériterait d’être canonisé pour tant de constance, ont fini de me convaincre d’une chose.

La vie en maison ou pavillon n’est pas faite pour moi.

Je conçois tout à fait que ce soit le rêve de la plupart des gens qui d’avoir leur propre toit à bichonner ceci dit, j’ai envisagé la chose même pendant quelques années et puis finalement j’en suis revenue.

Simplement parce que la maison que j’occupais étant relativement proche de celles mitoyennes, j’avais en fait l’impression de vivre avec mes voisins par moment.

Sur 8 jours c’était tout à fait supportable. Pour une vie, pas du tout.

Car pour moi qui suit pathologiquement anti-conviviale une fois mon seuil franchi, la relation avec un voisin, c’est insupportable.

Ou alors il faut un immense terrain et s’isoler totalement.

Ce que je n’aime pas non plus.

Equation impossible en somme.

En plus, même dans un coin de campagne isolé avec deux maisons, il y a TOUJOURS un bricoleur acharné pour sortir la ou le (barre la mention inutile) tronçonneuse/taille-haie/scie à métaux/ tondeuse à gazon/perçeuse et te ruiner ton après-midi de sieste dans ton transat.

(mes parents ont une maison de campagne, je sais de quoi je parle)

Les gens adorent bricoler visiblement, je n’avais pas réalisé cette passion sans bornes jusqu’à aujourd’hui.

Sans compter les cris des enfants – double stridence en cas de piscine extérieure, assez courante dans les pavillons du sud. Les odeurs de barbecue. Les conversations familiales autour du programme télé et de l’héritage de mamie Denise auxquelles tu es conviée sans avoir rien demandé.

Et les beuglements des vaches et autres aboiements de chiens c’est cadeau de la maison en prime.

Je te passe les problèmes de voisinage pour une hauteur de haie ou une branche de pommier qui dépasse.
Tout ceci au prix d’un entretien très régulier d’où probablement la ou le (barre la mention inutile) tronçonneuse/taille-haie/scie à métaux/ tondeuse à gazon/perçeuse à répétition et en batterie. Sauf si tu as plein de sous et un jardinier musclé qui peut tondre ta pelouse torse nu comme dans Desperate Housewives.

Ok, l’appartement, tu as aussi du bruit : les voisins qui font la fête périodiquement, le bébé du deuxième qui pleure, la moto qui passe dans la rue, les poubelles à 6 h du matin, le gars qui fait tourner son diésel 2 heures avant de démarrer, le mec fan de Mylène Farmer qui fait du karaoké dessus en permanence (vécu).

Mais finalement tout ceci crée un ronron de fond familier auxquel mon oreille est accoutumée et non pas une plage de calme  interrompue par le vroooOOOOOOOM brutal de la tondeuse qui démarre.

Avantage supplémentaire pour moi, en appartement, tu n’es pas obligée de VOIR tes voisins en bermuda et tee-shirt publicitaire sortir les poubelles le soir ou par dessus ta haie et tu peut même leur rabattre la porte de l’ascenseur dessus, petit plaisir du soir.

Je t’avais bien dit que j’étais gravement psychosée, tu peux constater.

Donc après mûre réflexion appartement j’ai, appartement je garde.

J’irai squatter les pavillons et les piscines des autres quand l’été fut venu.

J’aurais juste une bouteille de rosé à acheter et aucun entretien quotidien à subir en contrepartie d’un carré de gazon et d’un barbecue.

Bon, je rate à jamais l’occasion d’embaucher un jardinier musclé qui tonde la pelouse torse nu.

Mais je vais survivre.

 

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Tu seras championne et top-model ma fille

Sexisme ordinaire un soir de finale, un journaliste de la BBC commente non pas la victoire de Marion Bartoli à Wimbledon, mais son physique « atypique » pour être gentille.

Le journaliste, lui a été plus cash en direct.

Il s’est excusé après coup mais le mal était fait.

Comme d’habitude.

Et si ce n’était que la première fois, mais non. Tous les ans à Roland Garros, nous avons le droit au journaliste télé qui lâche le sempiternel « et notons la très jolie tenue de cette superbe jeune femme…. »

(je parle de Roland Garros parce que c’est un des rares évènement sportifs que je regarde, mais je suppose que c’est pareil ailleurs).

….

A chaque fois, je pique une crise toute seule devant ma télé devant cet amoncellement de crétinerie.

Qui signifie que

1/ Une femme doit être sexy pour réussir. Donc une femme en général et une sportive en particulier doit être en plus blonde avec de longue jambes sinon elle n’est pas une vraie championne.

2/ Elle doit en plus porter une tenue sexy pour mettre ses longues jambes en valeur, c’est mieux.

3/ Si elle pouvait faire une petite gâterie en prime au commentateur ce serait bien en prime.

 

Certes un physique avenant est un plus dans la vie, ne nous voilons pas la face. Mais ce qui est particulièrement exaspérant c’est qu’on entend rarement des commentaires sur les jolies fesses rebondies du bogosse en short dans les commentaires sportifs.

Peut-être aussi parce qu’on compte les femmes sur les doigts de la main dans cette profession.

La femme doit être sexy en tenue de sport et ne sait pas parler de basket ou de hockey sur glace, tout le monde le sait.

 

Pour revenir au physique « atypique » de Marion Bartoli, il l’est, pour une sportive. Un peu bouboule, pas très gracieuse, et pas très avenante, non plus.

Ca ne l’a pas empêchée de gagner Wimbledon. C’est tout ce qu’on lui demande. Pas de poser en maillot de bain en couverture de Vogue.

Pour retourner le problème est-ce qu’on demande à Andy Murray, qui a gagné chez les hommes d’être un canon international ?

Non. Et pourtant. Si on veut aller sur ce terrain, il y aurait à dire : un dirait un croisement de hobbit et de girafe qui aurait grandi trop vite.

Et en prime il perd ses cheveux.

Pas super glamour, le gars.

Pourtant, lui ne peine pas à trouver un équipementier qui le sponsorise, à la différence de Marion Bartoli, qui, jusqu’à il y a deux ans peinait pour trouver des sponsors, malgré son classement bien supérieur à d’autres joueuses françaises moins douées, mais plus photogéniques. Son caractère un peu particulier n’explique pas tout, voir ici

Je n’ai rien contre les sportives sexy, bien au contraire, une jolie fille c’est toujours agréable à regarder.

Mais j’en ai un peu ma claque qu’au 21ème siècle on évalue ENCORE plus les femmes en fonction de leur physique que de leurs capacités intellectuelles ou physiques.

Dans le sport en particulier, et tous les autres domaines en général.

Sinon je peux aussi dire que tous les commentateurs sportifs sont des gros blaireaux incultes et bas du front.

Je suis sexiste du journaliste sportif.

40 partout, service à suivre.

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(Un commentaire sur la tenue de Novak, peut-être ?)

(la photo est de moi à Roland Garros l’année dernière c’est pour ça qu’elle est prise d’un peu loin)

Amitiés 2.0

Je ne me suis jamais fait trop d’illusions sur les relations que l’on peut nouer derrière un écran d’ordinateur.

N’étant déjà pas une spécialiste des relations urbaines et civilisées dans la vraie vie, je me doutais en entamant mon périple cybernétique, que des relations profondes et durables n’allaient pas forcément se tisser au fil du clavier.

D’expérience, après quelques années en ligne, c’est vrai pour 90 % des relations.

Qui restent et resteront toujours en surface.

Un petit coucou sur les réseaux sociaux, une bise dans les soirées, un verre pris exceptionnellement, et point.

C’est la vocation de la toile : nouer des relations éphémères, parfois drôles, parfois émouvantes, parfois ubuesques, mais toujours éphémères.

Un salon de curiosité et d’échange virtuel qu’il faut prendre comme il est sans lui accorder plus d’importance qu’il n’en a.

Pourtant, à l’inverse de certains qui pensent avoir des relations profondes parce qu’on s’échange des « koeur avec les doigts » sur les réseaux sociaux, alors que justement je n’attendais rien, à ma grande surprise, j’ai trouvé plus.

Beaucoup plus que je n’aurais pu croire au départ, en fait.

Si, donc, 90 % des relations sont agréablement futiles et souvent désincarnées, il reste 10 % de relations solides et très incarnées, elles.

Sur ces 10 %, la moitié sont des gens avec qui on aime boire un verre, rigoler et rentrer en zigzaguant à pas d’heure sous le regard réprobateur de votre famille qui est sur le point de vous envoyer faire un stage express aux alcooliques anonymes.

Des potes de rigolade, l’équipe de rugby de la poilade, les gens qui vous remontent le moral avec un « allez, Germaine, viens, on sort ».

L’autre moitié, je les qualifierais de vrais amis. Dans mon cas ils se comptent sur les doigts des 2 mains, je dirais une petite dizaine de personnes.

Relativement peu sur les quelques centaines de gens à qui je parle tous les jours, largement suffisant pour moi dont la vraie nature est d’être une solitaire sociale.

Pas forcément des gens que je vois très souvent, ni à qui je parle tout le temps mais je sais qu’ils sont là, pour un peu plus que rire ensemble. Un SMS, un cadeau, un coup de fil, une invitation, un « viens, prend l’avion et ramène tes tongs quand tu veux » ou un « ça va aller, t’inquiètes » et réciproquement.

Je pense qu’elles et ils se reconnaitront. Il y a parmi eux des gens que je connais depuis assez longtemps maintenant, d’autres moins, mais avec qui la relation a fonctionné immédiatement.

En amitié comme dans d’autres domaines j’accroche tout de suite ou jamais.

Je ne suis pas fusionnelle non plus, je n’ai pas besoin de les voir ni de les entendre tous les jours. Je pense que c’est la même chose pour eux, sinon ils ne seraient plus là, vu ma constance extrême à prendre des nouvelles (un de mes grands défauts).

Il supportent mon caractère de bouledogue, mes silences, mes colères, mes impatiences, mes phobies et mes lubies et c’est en somme tout ce que je leur demande.

C’est déjà énorme.

Si ce n’est pas de l’amitié, ça y ressemble beaucoup, enfin de mon point de vue.

J’espère en tous cas leur apporter autant qu’ils m’apportent.

C’est bien le minimum que je peux leur offrir en retour à défaut d’autre chose.

Finalement.

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