Alice au pays d’Ibrahim

Je suis comme Alice au pays des merveilles.

Comme elle, j’ai souvent l’impression que la reine rouge me court après en hurlant « QU’ON LUI COUPE LA TETE »

Et parfois qu’un gentil lapin tout doux me murmure, « allez viens Alice, on fait un câlin ».

(elle est forte cette lavande quand même, je devrais peut-être arrêter un peu)

Justement, il y a quelques jours, le gentil lapin s’est manifesté.

Alors que les quelques représentations commencée hier sont archi-bondées de réservations depuis des mois, j’ai eu l’honneur, la chance, le privilège et le bonheur d’assister mercredi soir à la répétition générale de la … Je ne sais pas trop comment la qualifier, disons « symphonie moderne » écrite par le trompettiste de Jazz Ibrahim Maalouf avec des textes du rappeur Oxmo Puccino.

Cette oeuvre écrite autour d’Alice aux pays des merveilles. avait déjà fait l’objet d’un disque « Au pays d’Alice » sorti en novembre 2014.

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Pour le réaliser, Ibrahim Maalouf avait conservé la trame du mythique livre de Lewis Carrol et avait demandé à Oxmo Puccino d’écrire un texte par chapitre, laissant libre cours à la vision du rappeur sur l’oeuvre.

On y accompagne une Alice moderne et un peu allumée,  de rencontre en rencontre, dans un monde absurde et merveilleux fidèle à l’esprit de l’oeuvre originale.

Le disque a reçu un accueil plus qu’élogieux, qualifié même de « merveille » ou de « chef-d’oeuvre » par certains critiques à la dent pourtant habituellement pointue. Il a a été récompensé par le grand prix du jazz de la Sacem fin 2014.

Autant dire que les seulement 4 concerts à la nouvelle Philarmonie de Paris étaient plus qu’attendus autant qu’exceptionnels, comme je le disais au début du billet.

Et sans tourner 172 fois autour du Chat de Cheschire cette générale pré-concerts était… Magique, mystique, merveilleuse, magnétique, miraculeuse, mirifique, monumentale et tous les qualificatifs en m que tu pourrais trouver.

Maalouf a su parfaitement mixer le jazz, les influences de la musique orientale, le classique de l’orchestre des élèves du conservatoire de Paris, le coeur des jeunes chanteurs de la maîtrise de radio France, le flow et les jeux de mots sophistiqués d’Oxmo Puccino pour livrer une pièce totalement atypique qui t’emporte tellement loin que tu as parfois du mal à revenir à la réalité.

Cette fusion est à la fois si subtile, si raffinée et tellement forte et puissante que sauf à avoir une oreille de pierre et des tripes en bois, tu ne peux que vibrer pendant l’heure et demie que dure le concert.

Dans l’écrin d’une superbe salle à l’acoustique parfaite.

Et avec un jeu de lumières magnifiquement maîtrisé.

Un ravissement pour les yeux, les oreilles et le coeur. Avec des solos de trompette du maître qui t’amènent à la limite de la transe…

Je ne vois pas d’équivalent à cette oeuvre à part peut-être la rapprocher d’un autre évènement éphémère et complètement dingue que j’ai eu aussi la chance de voir au Châtelet il y a quelques années et qui fusionnait plusieurs formes d’art et de musique : Monkey Journey To The West, le spectacle basé sur la légende chinoise du roi singe, conçu par Monsieur Blur-Gorillaz, Damon Albarn.

Moi qui adore plus que tout le mélange des genres, en musique comme dans d’autres formes d’art,  j’ai été complètement séduite par l’oeuvre et la soirée.

Le reste du public aussi d’ailleurs, qui même composé de gens plutôt sévère :  journalistes, critiques et spécialistes, a fini debout à ovationner les quelques 60 ou 70 artistes présents sur scène.

J’espère pour toi que tu auras un jour la chance de voir cette pièce en concert. C’est une expérience unique.

Alice a vraiment visité le pays d’Ibrahim.

Et ça lui va vraiment très très très bien.

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