J’aime

Mes amis – qu’un potentiel être supérieur les bénisse sur 95 générations pour me supporter – – et oui j’ai des amis SURPRISE !!! – me disent relativement souvent « tu n’aimes rien ».

C’est faux. J’aime plein de choses. Pas forcément les mêmes que le reste de l’univers. Je concède juste un certain snobisme à ne pas aimer ce que tout le monde apprécie en général.

J’ai dit « des choses ». Pour les gens, on y est pas encore. J’y travaille. Vers 114 ans je devrais ressentir une vague émotion empathique.

Etant donné que certaines de mes consoeurs font régulièrement des rubriques « j’aime, j’aime pas », je vais leur emprunter le concept pour enfin livrer au monde ébahi mes goûts et mes couleurs.

Je renonce au passage à la partie « j’aime pas », la liste serait trop longue et fastidieuse pour tout le monde.

Donc, en vrac et en morceaux j’aime.

Les chats. Les matous. Les félins. Les ronrons. Je suis une cat-lover inconditionnelle qui n’essaye même plus de cacher qu’elle se met à genoux pour bêtifier devant tout représentant de la race féline dès qu’il se présente. D’ailleurs j’ai du être chat dans une vie antérieure vu ma forte propension à ne rien foutre du tout et à mettre des coups de griffes à tout ce qui passe à ma portée. J’aime d’ailleurs aussi ne rien faire. C’est ma grande passion dans la vie. Et comme toute bonne paresseuse congénitale, je travaille donc énormément et vite pour pouvoir libérer un maximum de temps à regarder pousser l’herbe.

La musique. Celle qui te renverse et te met les pieds en l’air. Qui fait poum poum tchac à base d’anglais et de batteur fou. La musique est plus que dans mes oreilles. J’ai cette bizarrerie qui me fait VOIR les notes. C’est assez inexplicable quand on en est pas atteint. La musique est mon oxygène et ma thérapie. Evidemment on va éviter de parler de la variété francophone. Mais à part ce secteur qui ne passera pas par moi plus quelques catégories bien précises comme l’électro et la country j’écoute tout. Du classique à la bossa nova en passant par le jazz.

La danse. Forcément. Ca va avec la musique. J’ai aimé danser même si je ne peux plus et même si mon corps n’était pas structuré pour aller très loin. Alors je regarde maintenant. Il n’y a rien de plus beau que le corps d’un danseur en mouvement. Comme pour la musique j’aime tous les styles du classique au hip hop en passant par la danse de salon. Sauf peut-être la danse folklorique. Et encore. Avec un verre dans le nez, la bourrée auvergnate, ça peut envoyer de la bûchette.

Les voyages. Partir. Revenir. Re-partir. Mais ailleurs. Ailleurs est toujours mieux même si ce n’est pas mieux. Revenir c’est encore mieux après. (non je ne me drogue pas, tout est normal). Mais j’aime tout dans le voyage : la découverte, l’inconnu et même la peur de l’inconnu. L’angoisse de ne pas avoir ses marques et d’être complètement perdue fait partie intégrante du plaisir. J’aime tout. Sauf les enfants ingérables dans les avions et faire ma valise.

Les motos. Grosses les motos. Je n’y connais rien. Mais poser mes fesses sur un gros cube c’est le frisson garanti. Et rouler sur un gros cube c’est … Enfin bref.

Les vieilles voitures. La bagnole mais uniquement en modèle vintage. Celles qui avaient de la classe et consommaient 12500 litres au kilomètres. Les Deux CV. Les minis. Les coccinelles. C’est quasiment mon seul côté « c’était mieux avant ». Oui, les vieilles voitures c’était mieux avant. Aujourd’hui elles sont moches et impersonnelles. Personne n’en voudra dans 40 ans.

Rouler sans but. Juste rouler. Dans la nuit. Avec de la musique en regardant les lumières de la ville. Traverser Paris désert à l’aube. Et se dire que les voyages au bout de la nuit c’est encore possible.

Le crépuscule. Ce moment où il reste encore un tout petit peu de lumière et où tout est possible. C’est mon moment préféré de la journée. Dès que je peux je m’arrête pour regarder le ciel à ce moment. Et le crépuscule sur un pont sur la Seine à Paris est un spectacle dont je ne me lasserai jamais. Comme de Paris. Même si la ville m’ennuie souvent parce que trop de monde, trop de stress, trop de circulation, trop de bruit, Paris ne cessera jamais de me surprendre et de me plaire. Je ne sais pas si j’en partirai un jour. Peut-être que oui. Le jour où la ville aura perdu tous ses quartiers populaires et se transformera lentement mais surement en HLM pour VIP’s et bobos, alors je pense que je lui dirais adieu. Pour l’instant on s’aime encore.

Manger. J’aime manger, mon dieu ce que je peux être gourmande. Surtout des plats mauvais pour mon taux de cholestérol et ma ligne. Forcément. Le tofu ne passera pas par moi et le gras c’est la vie. Je vendrais ma propre famille au complet pour un bon gâteau. Voire pire.

Marcher. Du coup j’élimine en marchant. C’est comme rouler à petite vitesse. J’adore marcher mais plutôt dans le style « urban walk ». Je peux marcher des heures dans une ville le nez au vent et la musique dans les oreilles. Ou en bord de mer. J’aime le bord de mer. Fixer l’horizon, les pieds dans le sable sans rien faire est le meilleur exercice de méditation que je connaisse. Et puis après la marche s’asseoir à une terrasse. Et regarder les gens passer. Se moquer d’eux mentalement parfois. J’aime me moquer des autres. C’est mon côté pas gentil. Après ma mort j’irai en enfer et tous les gens dont je me suis moquée défileront devant moi pour l’éternité en se payant ma tête.

Faire des jeux de mots idiots. C’est ma grande passion. Plus c’est mauvais et capillotracté plus je m’auto-fait rigoler. Je suis mon meilleur public dans ce domaine. Les autres souffrent en silence ou me jettent des cailloux quand ils sont vraiment énervés.

Jouer. Que ce soit d’un instrument ou d’autre chose. Je suis une joueuse. Indécrottable. Quelqu’un m’a dit un jour « la vie est un jeu ». J’ai pris cet avis au pied de la lettre. Depuis je joue avec tout ce qui se présente sur mon chemin. Et je ne prends pas grand chose au sérieux. En revanche, la guitare, oui c’est sérieux. Pour elle j’ai abandonné toute tentative d’ongles longs et de manucure. Pour elle, je sacrifie une partie de mes soirées pour arriver à sortir un accord harmonieux. Pour elle, je suis prête à plus de sacrifices que pour beaucoup de gens.

Ecrire. J’aime écrire. Jouer avec les mots. Construire. Destructurer. Détourner leur sens. Niquer la syntaxe. Finir une phrase comme un coup de fouet. J’écris mieux que je ne parle. Ecrire te laisse le temps de la réflexion pour construire ta pensée. A l’oral, j’ai l’esprit de l’escalier. Je balance mes répliques alors que mon interlocuteur est déjà passé à autre chose. Je suis une fast-écrivaine et une slow-parleuse. J’aime écrire parce que j’aime ou j’ai aimé lire. Même si je le fais de moins en moins, passion des internets oblige. Enfin si, je lis toujours mais de manière différente : sur un écran plus que sur du papier. Mais finalement ça reste de la lecture. J’aime les histoires. Les histoire qui m’amènent ailleurs. Ou me font réfléchir. Que ce soit dans un livre, dans un BD,  au cinéma ou dans une série. Finalement ce ne sont que différentes façon de raconter des histoires.

Les bars des grands hôtels. J’y passerai ma vie, ne serait-ce les tarifs prohibitifs. J’aime ce luxe feutré, le calme et le service attentionné même si tu débarques en jean pourri et baskets sales. On est jamais déçu par les bars des grands hôtels. Et quand l’hôtel a également un jardin d’été ou un patio, c’est le paradis sur terre. A consommer avec modération question cocktails et portefeuille. Mais une fois de temps en temps c’est un grand kif.

Les vêtements. Pas tellement la mode. Les vêtements eux-mêmes. S’habiller avec style est une forme de politesse envers ses congénères. En revanche les tics et les emballements des modeurs me laissent totalement froide. J’aime le vêtement pour la beauté d’une pièce et l’histoire qu’il raconte. Pas parce que c’est la mode et qu’il faut le porter.

Le Kitsch. Plus c’est tarabiscoté et de mauvais goût, plus je biche. Le nain de jardin, le phare-baromètre en coquillage, la statuette de la bergère en porcelaine rose, c’est pour moi. Si j’avais les moyens et la place je consacrerais une pièce complète à une collection d’objets de mauvais goût. J’adore le mauvais goût en fait.

Ainsi que tout ce que la bienséance considère comme vulgaire, trash, hors code, hors normes, hors jeu. J’aime la marge des cahiers et les marges dans la vie. C’est dans les marges qu’on écrit les plus belles phrases. C’est dans les marges qu’on trouve les gens les plus intéressants. Enfin à mon sens.

Les marges me vont bien. Après des années à tenter de m’intégrer, je passe désormais un temps assez conséquent a tenter de me désintégrer.

J’aime me désintégrer et réunir les morceaux après.

Oui,j’aime ça.

Vraiment.

NB : évidemment je n’ai pas mentionné ma passion pour les grands bûcherons nordiques blonds-roux tatoués. Mais à part revenir d’un séjour dans un gouffre sous-marin, je pense que toutes mes relations, plus internet sont largement au courant.

 

cadeau-bucheron

(crédit photo Nainsdejardins.fr) (oui, incroyable un e-shop complet de nains de jardins) (je vais y passer des heures)

 

 

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