JUSTIIIIIIIIIIIN !!!!

La musique m’est indispensable.

C’est ma colonne vertébrale, ma respiration, ce qui peut me remettre sur les rails quand rien ne va plus.

Cette hypersensibilité musicale s’explique par une particularité : détectée par ma prof de piano quand j’étais enfant, je suis l’heureuse bénéficiaire d’une « oreille absolue ».

Je peux détecter une fausse note dans un orchestre symphonique. Pour moi, une mélodie est concrète. Je peux quasiment « voir » ses composants défiler devant mes yeux, même si mes connaissances en solfège sont très lointaines.

Une personne qui chante faux est aussi difficile à supporter que des ongles sur un tableau noir, par exemple. J’ai récemment quitté un endroit à cause d’une chanteuse à mi-chemin entre Catherine Ringer et le barrissement d’une éléphante dont on embête le petit tellement sa voix m’était insupportable, physiquement parlant.

J’écoute énormément de styles musicaux différents et parfois contradictoires qui vont de trucs indés dont personne n’a entendu parler au tube planétaire vendu à watmillions d’exemplaires, en passant par le classique, l’opéra, le jazz, ou encore ce qu’on dénomme parfois abusivement la « world music » avec un amour tout à fait hors de propos pour la pop anglaise et toutes les formes de musiques noires .

Bon ok, je le concède, je fais un petit (tout petit) blocage sur la variété en général et la chanson française en particulier à quelques exceptions près.

Question de snobisme probablement, et d’une oreille explosée vers 13-14 ans par des sons outremanchiens et qui refuse depuis obstinément de revenir à sa langue maternelle.

Mes playlists ressemblent donc plus à un grand n’importe quoi qu’à quelque chose de cohérent stylistiquement parlant.

Mais j’assume, attendant toujours de trouver une personne qui puisse enfin partager mes grands écarts musicaux entre AC/DC et Mozart. (quoiqu’AC/DC et Mozart ont peut-être plus de points communs que tu ne peux l’imaginer : tous deux jouent très vite ).

Ce long préambule sur mon nombril pour en venir au fait.

Au nombre de mes tocades, il y a quelqu’un que je suis depuis 12 ans, c’est-à-dire la sortie de son premier album solo « Justified » (sa carrière musicale remonte encore à quelques années avant, mais n’est pas très digne d’intérêt à mon sens).

Il s’agit bien sur de Justin Timberlake.

D’accord, c’est très construit pour plaire au plus grand nombre. N’empêche. Ses 3 albums solos ont tourné et tournent encore en boucle et servent souvent de support à mes chorégraphies approximatives au milieu du salon.

Ils sont hyper bien produits,  léchés comme des timbres,  avec des collaborations et des featurings ultimes, JT n’hésitant pas à aller chercher le meilleur de la musique qui fait bouger le popotin pour les réaliser.

En cerise sur le gâteau, l’ex de Britney est un incroyable performer qui tient la scène comme un patron et arrive à faire chavirer une salle avec 3 pas de côté.

Le seul reproche qu’on pourrait lui faire est que ses performances sont millimétrées au point de manquer un poil de spontanéité.

Mais à part ça, je suis quasi-fan. (quasi, hein, n’exagérons rien).

Tu penses bien que quand j’apprends fortuitement qu’il va se produire à l’Olympia il y a environ un mois, la quasi-fan saute partout comme un cabri sous amphétamines.

Parce que les concerts géants dans les stades et autres Bercy, très peu pour moi.

Si c’est pour voir quelqu’un sur un écran, autant le faire à l’aise dans mon canapé. En revanche, la salle moyenne, on peut le tenter. Je me suis donc retrouvée fin juillet un matin à attendre l’ouverture de la vente en ligne des places, en appuyant frénétiquement sur « F5 » jusqu’à ce que le site de l’Olympia veuille bien me vendre le précieux.

Ce qui a valu une attaque cardiaque à mes partenaires d’open space en entendant le cri de guerre survolté que j’ai poussé les bras en V, une fois la place empochée.

Ensuite, il a fallu attendre patiemment le jeudi 21 août. En finissant d’achever mes collègues et tout l’univers  à coup de « Justin – 19, Justin – 18, Justin – 17, etc… »

Le jour J, je me précipite dès que possible vers l’Olympia, en me demandant quand même comment, après des années d’abstinence, je vais survivre à un concert dans une fosse, car pas de places assises disponibles à la vente….

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… Pour y découvrir une queue phénoménale se déployant tout le long du boulevard des Italiens siège du fameux music-hall parisien.

C’est à ce stade que j’ai fait un truc moche. Très moche. Très très moche.

Pour mon confort de personne âgée, avoir une place acceptable et éviter de piétiner des heures durant… J’ai truandé la queue. Discrètement. En me mettant sur le côté appuyée contre les façades, je me suis rapprochée pas après pas des personnes qui formaient le début du peloton. Coup de chance, une dame pas très discrète a elle aussi tenté de prendre la tangente, huée par la foule, elle a détourné l’attention et m’a permis de finir de me glisser ni vue, ni connue.

Malheureusement, l’univers m’a un poil punie : je m’étais glissée dans une file prioritaire réservée aux clients du crédit mutuel, partenaire du concert. La file des pimpins non prioritaires était en parallèle. Tant qu’à être de mauvaise foi, autant aller jusqu’au bout, j’ai pris ma meilleure tête de Caliméro et demandé très poliment à un groupe de jeunes gens bien sympathiques « je suis désolée, j’attends depuis des heures (ahem, environ 15 minutes), je me suis juste trompée de file, je peux me mettre ici ? » .

Leçon numéro 1 avec de la politesse, un peu d’aplomb et un grand sourire, tu obtiens énormément de choses.

Une fois à l’intérieur, je me retrouve finalement dans le premier tiers de la fosse remplie par un groupe déjà compact de gens divers et variés, de la groupie énamourée au quadra dynamique venu en famille. Les ailes étant relativement dégagées, je me glisse contre un mur latéral dans un espace beaucoup moins fréquenté que le centre de la fosse. A force de petit glissements (je suis devenue la reine du glissement en une soirée, je me retrouve face à l’accès coulisse, à côté des pompiers et des gens de l’organisation quasi collée à la scène. 2ème dégainage de grand sourire et de « je peux rester là ? Ca ne gêne pas » « Mais non madame, mais approchez-vous donc de la scène, vous verrez mieux »

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Leçon numéro 2 avec de la politesse, un peu d’aplomb et un grand sourire, tu obtiens énormément de choses. (bon c’est comme la leçon numéro 1 mais en mieux). J’ai donc passé le concert à genre … Hmmm un mètre de Justin, quand il venait de notre côté. Voire à 50 cms quand il avait la bonne idée de se pencher amoureusement sur son public.

Le concert donc. WOWOWO. Evidemment.

Accompagné de tout son big band + choristes, nous avons eu le droit à une bonne partie de son dernier album the 20/20 experience et la plupart de ses grands hits des 2 albums précédents. Dont les inoxydables Sexyback, Cry me a river, what goes around et rock your body, entre autres. Avec en prime des versions solo de Holy Grail (initialement duo avec Jay-Z) et même une reprise endiablée de Shake your body des Jackson five qui a valu une chorégraphie collective avec ses choristes. Preuve que le petit blond de Memphis a bel et bien l’intention de s’installer dans le fauteuil de feu Michael J.

Justin a pris la scène comme un patron, chantant, dansant, à la guitare sèche ou au piano.

Faisant chavirer une salle totalement acquise qui n’en demandait pas tant et a servi de choriste improvisé collectif toute la soirée.

Le garçon est effectivement un showman hors catégorie que je te conseille de voir si l’occasion se présente. Même si tu n’es pas fan, tu passeras une bonne soirée.

Seuls petits bémols : une tenue de scène qui laisse à penser que son styliste lui en veut beaucoup (pourquoi cette chemise atroce ?), un son assez moyen (mais bon j’avais l’oreille collée aux baffles) et un voisin crétin 2.0 qui a passé la soirée à tenter de faire des selfies avec Justin en arrière plan dès qu’il arrivait de notre côté et à regarder ses photos, qui m’a donné une envie de meurtre discret. Au milieu de la foule, ce serait passé inaperçu.

Pendant 2 heures j’ai eu environ 12 ans. A danser sans retenue, taper dans les mains, chanter  et à faire quasiment des koeurs avec les doigts.

Si si, je t’assure c’était limite.

Je n’ai pas regretté un seul euro investi dans la place. Justin t’en donne pour ton argent. Ce garçon est très généreux.

Cette petite (20/20) expérience m’a même donné envie de retourner voir des concerts.

Après tout, la fosse c’est pas si terrible si tu débrouilles bien.

Vivement Motorhead.

Non je plaisante.

Quoique.

(mes photos ne sont pas extraordinaires, mais ça te donnera une petite idée quand même)

(celles-ci ne m’appartiennent pas, instagrammées par d’autres spectateurs anonymes – désolée pour les références – et compilées sur un site dédié au concert)

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Celles-ci en revanche sont à moi…

Et le petit film qui te donne une idée de l’ambiance sur place (j’espère qu’il sera visionnable, il peut mettre un peu de temps à charger, patience…)

IMG_5067 (cliquer sur le lien)

3 thoughts on “JUSTIIIIIIIIIIIN !!!!

  1. Sinon tu donnes des cours comme coupe file pour les concerts? J’aimerai bien que tu m’apprennes le glissement vers la scène ou les coulisses, voire sur les genoux de JT!!

  2. Je me suis réveillée trop tard et je n’ai pas eu de place :(
    j’ai un peu les mêmes goûts éclectiques que toi mais moins d’ACDC et plus de variété 😉
    Justin, je suis fan de la première heure de sa carrière solo, avant je m’intéressais moyen à son BB… et de sa carrière ciné aussi. Je suis tellement dég de ne pas avoir été à ce concert qui avait l’air top (et vu comment tu es difficile je veux bien croire que c’était wowowowo !). J’étais à ses concerts de Bercy et notamment le premier (avec BEP en première partie la classe quand même) et malgré Bercy ça a dépoté. mais mon plus grand souvenir ce fut La Cigale où j’étais comme toi proche de la scène… Ahhhhh Justiiiiiiin ! merci pour ce chouette résumé

  3. Ahhh tu me donnes envie d’aller le voir, j’aime beaucoup cet artiste moi aussi.
    Et comme tu cherchais quelqu’un qui puisse aimer tout et n’importe quoi musicalement parlant, eh bien enchantée!
    En musique, j’aime tout et rien, le rap, pink floyd, Justin donc, opéra (je pleure à chaque fois), mozart, Indie, funk, ….!

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