L’art du Parfum

Paris présente bien des désavantages, amis non-Lutéciens, j’en conviens volontiers.

Parmi lesquels la pollution, le bruit, les transports qui tombent en panne, les chauffeurs de taxis racistes, les serveurs mal-aimables, des loyers qui pourraient servir à financer le déficit budgétaire du Kazakhstan et les hipsters à barbe qui transforment les ex-quartiers populaires en rues pavées de boutiques de fringues macrobiotiques en taille 34 uniquement.

Mais notre capitale conserve encore quelques avantages, notamment des loisirs en open bar. Parfois payants, voire onéreux, mais aussi, à prix modiques, voire gratuits si on cherche un tout petit peu.

Au programme des multiples activités que propose notre capitale, l’édition annuelle de Paris Face Cachée.

Un week-end où des lieux insolites ou d’habitude fermés ouvrent exceptionnellement au grand public pour lui permettre de découvrir l’envers du décor parisien.

Après une ou deux  tentatives infructueuses, j’avais enfin réussi cette année à décrocher le sésame : une inscription pour un parcours de senteurs et d’initiation à l’école supérieure du parfum, dans le 15ème arrondissement.

J’étais partie pour réserver d’autres visites, mais un maelstrom de circonstance pas très favorables m’ont empêché de le faire. Le samedi où je devais d’ailleurs me rendre à cette finalement seule visite réservée s’est révélé être le jour le pire des circonstances pas très favorables pour tout dire.

Néanmoins, malgré la tête ailleurs et un poids sur l’estomac, je me suis dit que la visite me changerait les idées.

Et j’ai eu raison. Les deux heures d’ateliers successifs organisés par les élèves de l’école nous ont transportés dans une bulle odorante et un peu hors du temps, malgré la présence et le pia-pia en boucle de l’inévitable casse-pieds de service, composante obligatoire de tout groupe organisé.

De l’histoire à la confection en passant par le marketing et la composition des parfums nous ont permis de (presque) tout savoir sur l’art délicat de la parfumerie et de rentrer un peu dans les secrets des futurs nez qui composeront demain ton univers olfactif. Que ce soit le parfum que tu pschitteras dans ton cou ou l’odeur de ta lessive.

Et que depuis les Egyptiens qui ont inventé le premier parfum, le Kyphri pour honorer les dieux et parfumer les corps jusqu’aux dernières créations des grandes maisons cosmétiques, le parfum n’a cessé de se réinventer et de suivre les grandes et petites modes.

Si la visite est renouvelée l’an prochain, je ne peux que te conseiller de la faire. L’accueil est charmant, c’est instructif et divertissant à tous âges, enfants compris (plutôt à partir de 8/9 ans), petit buffet à la sortie et cadeau en prime : une bougie parfumée à la senteur conçue par les élèves de l’école.

Et en bonus, tu comprendras peut-être pourquoi ton parfum préféré te transporte ailleurs chaque fois que tu le vaporises au creux de ton poignet ou derrière tes oreilles.

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Fleurs de citronnier ancienne PLV

(Moi c’est Coco de Chanel, l’original, surtout pas le Mademoiselle et Fleurs de Citronnier de Serge Lutens)

 

L’Ecole Supérieure du Parfum c’est 13 rue Miollis, 75015 Paris. Elle forme les étudiants au cours d’un cursus de 5 ans accessible post bac, des professionnels de l’industrie du parfum dans l’ensemble des secteurs : création, évaluation, contrôle qualité, fonction commerciales, etc.

 

 

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Les centaines de pipettes de senteurs utilisées dans les exercices de composition à l’Ecole Supérieure des Parfums…

 

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